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mercredi 26 septembre 2012

V comme... Valentine's Day and Star Wars

S'il y a bien quelque chose que je n'imaginais pas aller ensemble, c'est bien Star Wars et la Saint Valentin. Target m'a ouvert les yeux à coup de nounours avec T-shirt façon boule à facettes, boites en forme de cœur à l'effigie de Darth Maul ou Darth Vader - sans compter avec le distributeur de bonbons estampillé Star Wars (va savoir pourquoi).


On pousse même la plaisanterie jusqu'à faire des boites aux lettres spéciales St Valentin pour les enseignants afin qu'ils fassent faire des cartes à leurs élèves comme travaux manuels afin de s'assurer que tous les élèves recevront bien une carte. J'avoue avoir failli craquer pour la tête de Dark Vador ou de Yoda en boite aux lettres.

Target - Pleasant Hill, ca (février 2012)

samedi 26 mai 2012

V comme... Vietnam Day

Aujourd'hui les juniors (premières) de DVHS célébraient Memorial Day avec quelques jours d'avance (lundi sera férié) en faisant Vietnam Day.

Sous la houlette des professeurs d'histoire, les classes, divisées arbitrairement en pro-war et anti-war - les politiciens en costumes et les hippies - s'affrontent dans des joutes oratoires pour convaincre les autres lycéens - freshmen (troisièmes), sophomore (secondes), seniors (terminales) - de rejoindre leur camp et de faire une marche autour du campus.


Ils leur font signer des pétitions qui nous permettront de savoir mardi prochain, si la peur du communisme l'a emportée comme ces deux dernières années. Le travail en classe est plus ou moins efficace - comme en démontre le prospectus ci-dessous distribué sur le campus par les pro-war.

Et les arguments des élèves qui tentent de nous convaincre de signer leur pétition sont souvent limités et peu fondés et présentent une vision peu fidèle et subjective de l'histoire et de la politique. Mais on ne peut pas franchement en vouloir aux élèves, il suffit d'ouvrir leurs manuels et leurs cours pour constater à quel point la présentation des faits est toujours caricaturale et biaisée.
Des vétérans avaient été invités et étaient venus avec un hélico de la guerre du Vietnam dans lequel les élèves pouvaient monter.


Et le clou du spectacle cette année était l'atterrissage d'un hélicoptère de l'armée sur le terrain de base-ball! Je n'ose même pas imaginer combien cela a coûté au lycée.


Mais pour moi, le meilleur moment de la journée fut les échanges que j'ai pu avoir avec plusieurs vétérans du Vietnam - des hommes de 15 ou 18 ans mes aînés - qui m'ont émue aux larmes avec leurs souvenirs et leur réaction face aux défilés des élèves.

Quand ils sont arrivés sur leur Harley, ils ne s’attendaient pas à être accueillis par des manifestants. Et cette marée de gens hurlant des slogans qui montait vers eux, a catapulté trois d'entre eux à leur retour du Vietnam et ils ont eu un puissant choc émotionnel.
Cette animation innocente - de la part des élèves et des enseignants - mais à laquelle ils n'avaient pas été préparés, les a replongés dans des souvenirs traumatisants.
Leur retour du Vietnam sous les cris de la foule véhémente qui leur crachait dessus et les insultait, les traitant de pigs, de baby killers. Eux, des victimes du système, des draftees (des appelés) qui plus de quarante ans après, font encore des crises d'angoisse et sont pris de tremblements et se paralysent, prisonniers de leur mémoire.
L'un d'entre eux m'a avoué que son premier réflexe avait été de chercher son arme du regard pour se protéger - la seule chose qui lui avait permis de tenir face aux attaques des manifestants à son retour, s'accrocher à son fusil lui avait permis de ne pas trembler.
Ils ont rappelé aux quelques élèves qui osaient les approcher et leur parler que quelque soient leurs sentiments par rapport aux décisions d'un gouvernement d'envoyer des troupes au front, il était essentiel de faire la différence entre leur rejet de la politique du gouvernement et les attaques contre les soldats qui eux n'étaient que des pions dans des décisions qui les dépassaient. Que ces hommes et ces femmes faisaient le don ultime pour leur pays, leur vie et qu'il fallait les respecter pour ce sacrifice qui, s'ils survivaient à la guerre, les amenait à vivre en enfer jusqu'à la fin de leurs jours.

dimanche 15 avril 2012

V comme... V2

Vous allez me dire "mais que viennent faire des missiles allemands de la Seconde Guerre Mondiale en Californie?"
Vous avez tout faux, dans le nord de la Californie, quand on parle de V2, on ne pense pas à Vergeltungswaffen mais à Vertical Velocity!


Cette montagne russe ressemble globalement à un U dont un côté serait un rail vertical haut de 46 mètres et l'autre un rail vrillé plusieurs fois et  incliné à 45 degrés. Les passagers sont propulsés vers l'arrière à une vitesse de 100 km/h atteinte en 4 secondes et se retrouvent quelques secondes bloqués à l'horizontal, à angle droit, la tête contre le rail, les yeux rivés vers le sol et les pieds dans le vide.

V2 alias Vertical Velocity

Bon, je n'ai pas besoin de vous faire un dessin, vous l'avez compris, nous sommes allés passer la journée dans un parc d'attractions, à Six Flags Discovery Kingdom à Vallejo de l'autre côté de la baie.
JP est monté sur toutes les attractions à sensations fortes, moi un peu moins.

 On reconnait JP à sa manche de T-shirt jaune, il est le 2ème en partant du haut

J'ai vaincu Kong et Medusa et j'ai lâché l'affaire après Roar.

Medusa

Heureusement qu'il y a les vidéos de YouTube pour avoir une idée du parcours car j'avais les yeux fermés tout du long et avec mon vertige c'était déjà un exploit en soi.
Et cela aurait vraiment était dommage de passer à côté de cette expérience si américaine.
L’univers du parc d'attractions est riche en enseignements sur les goûts des américains, le marketing à l'américaine, la relation au client et la sécurité.
Tous les objets les plus merdiques et hallucinants trouvent acheteur. Le mauvais goût est roi. Le chapeau calamar qui se décline en orange fluo, en bleu électrique, en jaune pisseux, la cape de Batman dorée ou rose ou vert fluo encore, la barba-papa goût pastèque, tout se vend et tout s'achète.
Six Flags vient juste de rouvrir pour la saison et on peut voir que les employés sont tout frais sortis de leur formation. Ils ont le sourire colgate à l'américaine avec le bon profil et le cheveu dans le vent. Mais quand vous croisez leur regard, le sourire est ultra bright puissance 10. Tout à coup, vous vous demandez si c'est bien vous que l'on regarde avec les yeux de l'amour. Je ne sais pas comment on travaille le regard et le sourire "coup de foudre", et il faudra que je pratique devant mon miroir car ce sourire a des effets des plus surprenants. Vous vous sentez beau, unique, aimé. Vous avez envie de pop-corn, de cape Batman et de chapeau calamar... Du coup, on se sent bien dans sa peau et prêt à affronter toutes les attractions.

 Marion, revanth et JP qui s'éclatent sur Shark
 
Ensuite, il y a également la routine de l'accueil à chaque attraction: le high five, le ton enjoué, le thumbs up, le "si tu es heureux tape dans tes mains", le "si tu as déjà fait ce grand huit, lève les bras", le "si tu adores ce grand huit lève les bras", le "si tu flippes ta race lève tes bras" (et ça, ça n'est pas possible car quand on flippe on s'accroche de toutes ses forces à la barre)...
Bon après, il y a aussi les aspects risibles de la formation toute fraîche aux normes de sécurité: à chaque grand huit, une fois vérifiés les attaches et autre harnachement, les employés doivent vérifier aux alentours que tout est au norme, que personne ne traîne là où il ne devrait pas, qu'aucun portillon n'est resté ouvert. Et pour ce faire, ils se livrent à une gymnastique délirante: bras gauche légèrement plié, main gauche sur la hanche gauche, main droite en visière à l'horizontale bien à plat devant le front, et deux rotations des hanches de la gauche vers la droite en pliant légèrement le genou gauche pour faciliter la rotation. Et hop, l'ultime vérification est faite et la régie passe enfin le coup de fil qui met le grand huit en branle.
Et croyez-moi sur parole, pour faire cette routine sans amour propre, orgueil ou honte, il faut vraiment avoir des superviseurs sur le dos qui guettent vos moindres gestes pour vous virer et vous remplacer.