Laguna and Hayes (mai 2012)
Et en plus, elles citent Einstein!
Dictionnaire amoureux d'une année aux Etats-Unis. Un abécédaire sans Sergio ni Leone mais avec Jean-Paul et Stéphanie.
Quelle ne fut pas notre surprise en descendant dans la station de métro Monroe située à quelques pas du Chicago Theatre.
Plus besoin de se déplacer jusqu'au supermarché, le supermarché vous retrouve virtuellement dans le métro, à votre retour du bureau. Finie la galère des courses après une journée éreintante! Il suffit de télécharger une application sur votre smartphone et vous êtes parés pour consommer.
Sur le site de la commémoration, on nous conseillait de venir habillé chaudement, en tenue de sport, avec des baskets et... une lampe de poche!
Donc sur un front de mer de 2,4 km, quelques stands de burritos, kettle corn, corn dogs (des saucisses recouvertes de pâte à beignet frites plantées sur un bâton), garlic fries in beer batter (des frites à l'ail recouvertes de pâte à beignet aromatisée à la bière et frites - donc frites deux fois) - dans le genre, c'est bon mais c'est gras, on repassera!
Et pas d'alcool, comme pour la parade de la Saint Patrick, la ville de SF pense que sans alcool la fête est plus folle et plus familiale. Personnellement, je pense que sans alcool, la fête est plus froide quand on est en plein vent au pied du Golden Gate Bridge - mais ces propos n'engagent que moi. Il me semble tout de même avoir vu passer de nombreuses personnes buvant des boissons non identifiées car cachées dans des sachets en papier marron et d'autres portant des packs de Sierra Nevada - bière locale - mais surtout 2ème craft beer (small, independent and traditional - la production a commencé en 1980) consommée aux USA après les "jumeaux" Samuel Adams) et de Corona.
Des stands Wells Fargo (banque), Kaiser Permanente (mutuelle santé), Geico (assurance), deux radios locales, Intel et HP - le but étant de récupérer vos coordonnées pour faire du démarchage publicitaire en contrepartie d'objets publicitaires.
Car la réalité de la fête à l'américaine est là.
Et le clou du spectacle cette année était l'atterrissage d'un hélicoptère de l'armée sur le terrain de base-ball! Je n'ose même pas imaginer combien cela a coûté au lycée.
Mais pour moi, le meilleur moment de la journée fut les échanges que j'ai pu avoir avec plusieurs vétérans du Vietnam - des hommes de 15 ou 18 ans mes aînés - qui m'ont émue aux larmes avec leurs souvenirs et leur réaction face aux défilés des élèves.
Cette animation innocente - de la part des élèves et des enseignants - mais à laquelle ils n'avaient pas été préparés, les a replongés dans des souvenirs traumatisants.
Leur retour du Vietnam sous les cris de la foule véhémente qui leur crachait dessus et les insultait, les traitant de pigs, de baby killers. Eux, des victimes du système, des draftees (des appelés) qui plus de quarante ans après, font encore des crises d'angoisse et sont pris de tremblements et se paralysent, prisonniers de leur mémoire.
Ils ont rappelé aux quelques élèves qui osaient les approcher et leur parler que quelque soient leurs sentiments par rapport aux décisions d'un gouvernement d'envoyer des troupes au front, il était essentiel de faire la différence entre leur rejet de la politique du gouvernement et les attaques contre les soldats qui eux n'étaient que des pions dans des décisions qui les dépassaient. Que ces hommes et ces femmes faisaient le don ultime pour leur pays, leur vie et qu'il fallait les respecter pour ce sacrifice qui, s'ils survivaient à la guerre, les amenait à vivre en enfer jusqu'à la fin de leurs jours.